C’est quoi des cyanobactéries ?
Par Communications Abrinord, vendredi 24 août 2007 à 14:20 :: Articles :: #8 :: rss
Auteures : Mme Geneviève Simard Responsable de l’environnement Municipalité de Saint-Hippolyte
Publié dans :Bulletin de Saint-Hippolyte Date : à venir
Communément appelées algues bleu-vert, les cyanobactéries sont des microorganismes aquatiques présents de façon naturelle dans l’environnement, préférablement dans les eaux douces. Elles font partie de la vie des lacs et ne posent généralement pas de problème tant que les conditions du lac sont normales. Cependant, lorsque les conditions favorables se présentent, on assiste alors à l’accroissement démesuré des populations de ces organismes; ces derniers forment alors une fleur d’eau (bloom) généralement visible à la surface de l’eau. Dans ce cas, on observe une coloration bleu-vert de l’eau pouvant varier jusqu’au rouge. Certaines proliférations peuvent former de l’écume sur les rives. Les cyanobactéries se développement surtout en été et en automne. Elles peuvent cependant persister jusqu’au dégel.
D’après le Groupe scientifique sur l’eau de l’Institut national de santé publique du Québec, les proliférations de cyanobactéries constitueraient l’une des conséquences possibles de l’eutrophisation des plans d’eau. L’eutrophisation est un processus naturel de vieillissement d’un plan d’eau se manifestant par une augmentation de la quantité de matières vivantes d’un plan d’eau (flore et faune aquatique) par un apport augmenté des nutriments, en particulier le phosphore. Ce processus s’étalant naturellement sur des centaines d’années peut être accéléré par des perturbations dues aux activités humaines qui entraînent le plus souvent une surcharge en phosphore et en azote dans les plans d’eau. Des installations sanitaires défectueuses, l’utilisation et le rejet de savons et détergents riches en phosphates, des terrains déboisés près de la rive, les pelouses et les jardins bien enrichis par des engrais contribuent de façon significative à la détérioration accélérée de nos lacs. Par ailleurs, la température très pluvieuse du début de la saison estivale pourrait avoir contribué cette année à stimuler davantage l’érosion des terres par les eaux de ruissellement et par conséquent, à apporter massivement des matières organiques dans nos plans d’eau, ce qui aurait pu les enrichir en phosphore. Le remuement des sédiments d’un lac par le soulèvement des vagues causées par un grand nombre d’embarcations motrices pourrait également contribuer au phénomène. Différents facteurs encore mal cernés par les scientifiques tels que la quantité de nutriments, l’ensoleillement, la température, le pH ou la disponibilité du carbone sont reconnus pour avoir une influence sur la diversité des espèces rencontrées, leur prolifération ainsi que sur la composition et la quantité des toxines sécrétées. (Groupe scientifique de l’eau, juin 2004)
Certaines espèces de cyanobactéries produisent des toxines dont le type et la quantité varient selon les conditions du milieu. Lorsque présentes en trop grande quantité, les cyanobactéries et les toxines qu’elles produisent peuvent affecter la santé des usagers du milieu aquatique notamment par l’ingestion d’eau contaminée ou par le contact direct avec les cyanobactéries. Suite à l’ingestion, ces toxines peuvent causer des maux de ventre, des diarrhées, des vomissements, des maux de tête et de la fièvre. Le contact direct peut provoquer des réactions allergiques telles que l’irritation de la peau, l’irritation des yeux et des maux de gorge.
QUE FAIRE EN CAS D’OBSERVATION DE CYANOBACTÉRIES? La simple observation d’une fleur d’eau de cyanobactéries ne permet pas de déterminer si elle produit des toxines. Il faut donc tenir pour acquis la présence de toxines, éviter d’utiliser ou de consommer l’eau et aviser immédiatement la Municipalité ou le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) de la prolifération de cyanobactéries. Si vous suspectez la présence de ces microorganismes sur votre lac, consultez le Guide d’identification des fleurs d’eau de cyanobactéries disponible sur le site Internet du MDDEP au www.mddep.gouv.qc.ca.
Le MDDEP est responsable du Plan d’intervention sur la gestion des fleurs d’eau de cyanobactéries au Québec. Sur le terrain, les actions du MDDEP relèvent des directions régionales qui agissent en étroite collaboration avec les Directions de santé publique. Globalement, le MDDEP s’occupe de confirmer la présence de fleurs d’eau dans les milieux aquatiques concernés, d’y prélever des échantillons et de les analyser. S’il y a lieu, les Directions de santé publique émettent des avis de santé publique. Ces avis, distribués par votre Municipalité, visent à sensibiliser la population sur les usages de l’eau à éviter, lorsqu’il y a des fleurs d’eau, et sur les risques pour la santé associés aux cyanobactéries et à leurs toxines. Les Directions de santé publique lèvent ces avis lorsque l’état du milieu aquatique est redevenu sécuritaire pour les usagers. La Municipalité se chargera alors de distribuer les communiqués aux citoyens touchés.
EXISTE-T-IL DES SOLUTIONS? Il n’existe pas de traitement miraculeux pour enrayer les blooms d’algues bleues. Pour l’eau contaminée par les cyanobactéries utilisées à des fin de consommation, les moyens conventionnels de traitement de l’eau tels que la faire bouillir, la coagulation, la filtration, la décantation et la chloration ne détruisent pas les toxines. En fait, la mort des cyanobactéries libère les toxines dans l’eau.
Il est utopique de penser qu’il est possible de retourner en arrière et de rajeunir nos lacs. On ne peut que tenter de ramener le processus de vieillissement de nos lacs le plus près possible de son rythme normal. Le meilleur moyen afin de réduire la prolifération des algues bleues et prévenir d’autres proliférations dans l’ensemble des lacs de la municipalité consiste à diminuer de différentes façons les apports en phosphore dus aux activités humaines parvenant directement ou indirectement au milieu aquatique. Il faut donc prendre conscience qu’il est de la responsabilité de chacun, non seulement des riverains, mais également des résidents de l’ensemble de Saint-Hippolyte, de faire des efforts afin de préserver et respecter notre environnement.
SUGGESTIONS PERMETTANT DE PRÉVENIR ET DE RÉDUIRE LES PROLIFÉRATIONS DE CYANOBACTÉRIES :
BANNIR LE PHOSPHATE :
Ne jamais utiliser d’engrais organiques ou chimiques sur les parterres.
Éviter de tondre le gazon trop près du bord des lacs, ruisseaux et fossés routiers afin de retenir les sédiments véhiculés par les eaux de ruissellement.
Utiliser des produits nettoyants exempts de composés de phosphate pour les soins personnels, l’entretien ménager, la lessive, le lavage de vaisselle, etc.
PROTÉGER LES RIVES :
N’ajouter ni construction, patio ou terrassement à l’intérieur de la bande de protection riveraine de 10 ou 15 mètres des lacs et cours d’eau.
Conserver une bande minimale de trois (3) mètres de végétation naturelle le long des plans d’eau, des ruisseaux et des fossés routiers bordant les propriétés.
Afin d’éviter le réchauffement excessif de l’eau des lacs et cours d’eau, planter des arbres et arbustes de façon à recouvrir les pierres et murets se trouvant au bord de l’eau.
Ne jamais couper sans raison les arbres et arbustes situés à l’intérieur de la bande riveraine de 10 ou 15 mètres. Idéalement, aménager un seul accès sinueux pour se rendre au lac, mesurant moins de cinq mètres de largeur et recouvert de plantes herbacées.
CONFORMER LES INSTALLATIONS SANITAIRES :
S’assurer que les installations sanitaires ne laissent écouler aucun effluent dans l’environnement.
Faire vérifier régulièrement l’état de fonctionnement et la qualité de percolation des installations sanitaires construites depuis plus de 10 ans par des analyses valables.
S’assurer que la capacité de l’installation sanitaire correspond au nombre de chambres à coucher selon le règlement provincial Q-2, r.8.
UTILISER ADÉQUATEMENT LA FOSSE SCELLÉE :
Ne jamais jeter l’eau de vaisselle à l’extérieur.
Laisser la douche, l’évier et la machine à laver connectés sur la fosse scellée, malgré les coûts inhérents à la vidange.
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