Parmi les efforts individuels pouvant être réalisables afin de réduire les apports en phosphore dans notre environnement et conséquemment, prévenir et réduire les proliférations de cyanobactéries dans nos lacs, l’entretien adéquat de l’installation sanitaire de sa propriété en constitue un élément de premier ordre. Pour les citadins, l’expression «installation sanitaire» ne veut peut-être pas dire grand-chose, mais pour nous, résidents permanents ou saisonniers de Saint-Hippolyte, cette réalité fait partie intégrante de notre quotidien. Voici donc quelques informations pour ceux et celles qui ne s’y connaissent pas encore très bien en la matière, ainsi que quelques trucs et conseils d’entretien pour assurer le bon fonctionnement de votre système sanitaire.

Mise à niveau

Une installation sanitaire est un dispositif de traitement et d’évacuation des eaux usées spécialement conçu pour les résidences isolées, c’est-à-dire qui ne peuvent être raccordées à un système d’égout. Ce système traite les eaux usées (provenant de l’utilisation des toilettes, de la douche, des éviers, du lave-vaisselle, de la laveuse, etc.) sur votre propre terrain et évacue l’effluent qui en résulte dans les eaux souterraines. Règle générale, l’installation sanitaire comprend deux parties distinctes, soient la fosse septique et l’élément épurateur.

La fosse septique sert à séparer les matières solides et grasses des liquides. Il s’agit d’un contenant étanche en béton, en polyéthylène ou en fibre de verre qu’on enfouit dans le sol. Autrefois, la fosse était parfois en acier ou en bois. À titre d’information, l’acier se perfore avec le temps par l’action de la rouille, alors que le bois pourrit avec l’humidité. Pour les propriétés qui en seraient munies, il serait grandement temps de songer à remplacer ces fosses septiques archaïques.

Le débit des eaux usées en provenance de votre maison sont ralenties à leur entrée dans la fosse septique de sorte que les solides les plus lourds se déposent au fond (boues) et les matières plus légères flottent à la surface (écumes). La séparation de ces matières solides et grasses des liquides permet d’évacuer des eaux usées clarifiées, libres de matières solides, vers l’élément épurateur.

L’élément épurateur (ou champ d’épuration) est constitué d’une série de tuyaux perforés qui répartissent les eaux clarifiées de la fosse septique sur toute la superficie du terrain récepteur. Il agit comme un filtre aménagé à même le sol qui traite l’effluent de la fosse septique à l’aide de processus naturels. Les eaux usées sont donc purifiées de leurs contaminants par l’action des microorganismes présents dans l’élément épurateur, qui ont besoin d’oxygène pour agir, et elles terminent éventuellement leur course dans les nappes d’eau souterraines.

Trucs et conseils d’entretien de votre installation sanitaire pour un environnement sans phosphore

1. Le maintien d’un accès permanent à la fosse septique permet d’y accéder rapidement et facilement non seulement au moment de la vidange, mais également en cas de bris ou de problèmes urgents;

2. La vidange régulière de la fosse septique, soit à tous les deux ans pour les résidences permanentes, à tous les quatre ans pour les résidences saisonnières et de manière à éviter les débordements pour les fosses scellées et de rétention, assure le bon fonctionnement de votre système sanitaire. En effet, si on laisse accumuler les boues au fond de la fosse, elles finiront tôt ou tard par se déverser dans le champ d’épuration ce qui aura pour conséquence de boucher les drains de distribution. Lorsque cela se produit, les eaux usées montent à la surface du sol ou encore, sont refoulées à l’intérieur de la maison. Une installation septique obstruée constitue une source de contamination pour l’environnement et un risque pour la santé humaine, en plus d’entraîner d’important frais reliés à la reconstruction d’une nouvelle installation sanitaire;

3. Certaines substances ne doivent pas être jetées dans les tuyaux d’évacuation des eaux usées ou grises de votre résidence. Comme l’installation sanitaire a besoin de microorganismes pour bien purifier l’effluent, il est important de ne pas les empoisonner en déversant n’importe quoi dans votre système. Les peintures, solvants, décapants, dissolvants de vernis à ongle ou tout autre produit nettoyant, de même que les antibiotiques, même en petite quantité, peuvent tuer ces indispensables microorganismes. Les désinfectants ménagers, tels que l’eau de javel et les nettoyeurs de toilette, peuvent être utilisés avec modération. Les substances qui ne se décomposent pas naturellement ou qui ne se décomposent que très lentement sont également à proscrire : huiles, graisses, gras, couches jetables, tampons, condoms, essuie-tout, papiers mouchoirs, litière pour chats, matières plastiques, mégots de cigarettes, marcs de café, coquilles d’œuf, etc. Les broyeurs à déchets installés sous l’évier sont également à éviter puisqu’ils produisent un surplus d’eau et de matières organiques risquant de surcharger votre système sanitaire. L’utilisation de savons sans phosphate ou faible en phosphate est conseillée.

4. Il faut, autant que possible, régulariser la quantité d’eau évacuée dans l’installation sanitaire. On devrait privilégier les toilettes à débit réduit utilisant 6 litres par chasse et éviter les grands coups d’eau. Chaque fois que l’eau est évacuée vers la fosse septique, une quantité égale se déplace vers le champ d’épuration. Plus les eaux usées demeurent longtemps dans la fosse, plus les matières solides ont le temps de se déposer au fond. Par contre, si l’eau passe trop vite à travers la fosse, les solides n’auront pas le temps de se déposer au fond de la fosse avant que l’effluent n’atteigne le champ d’épuration, ce qui risque encore une fois de colmater les drains de distribution, avec les conséquences qui s’en suivent : débordements, pollution de l’environnement, risques pour la santé, importants investissements…

5. L’entretien du champ d’épuration est très simple : 6 Il doit être bien recouvert de gazon et exempt d’arbres ou d’arbustes, puisque les racines de ces derniers peuvent endommager et bloquer les drains de distribution; 7 Il est important que le champ soit bien aéré et adéquatement ensoleillé afin de permettre une bonne évaporation et une bonne oxygénation du sol pour l’action des microorganismes. Vous devez donc éviter d’aménager des aires de stationnement, un patio, des courts de tennis, une terrasse ou une remise sur le champ d’épuration. La compaction du sol est également dommageable pour le champ. Vous ne devez donc pas circuler ou laisser circuler des véhicules, de la machinerie ou des motoneiges sur l’élément épurateur; 8 Les eaux de ruissellement, de même que l’arrosage du gazon sur le champ d’épuration, nuisent à la capacité du sol d’absorber et traiter les eaux usées. On devrait donc éviter d’arroser un champ d’épuration et en détourner les eaux de ruissellement ou de gouttières.

Demeurez à l’affût!

Le plus important conseil est sans contredit de demeurer à l’affût de tous signes révélateurs d’anomalies et d’aviser la Municipalité sans tarder lorsque vous constatez les signes suivants :

- Le sol autour de votre fosse septique ou qui recouvre votre champ d’épuration est souvent détrempé ou spongieux; - Les toilettes, douches et éviers refoulent ou prennent du temps à se vider; - Des odeurs d’égout se dégagent de votre installation sanitaire; - Un liquide gris ou noir s’écoule à la surface du gazon ou est refoulé dans la maison; - L’eau de votre puits, des puits avoisinants du fossé, du lac ou cours d’eau avoisinant votre champ d’épuration contient des coliformes fécaux; - L’eau dans la fosse septique atteint un niveau plus élevé que le conduit d’évacuation ou refoule dans la fosse lors de la vidange, ce qui signifie que le champ d’épuration est colmaté.

Ayez conscience que peu importe où vous habitez, les eaux de ruissellement en provenance de votre propriété se retrouveront tôt ou tard dans un fossé, qui se jettera dans un ruisseau, qui lui-même s’écoulera dans l’un de nos précieux lacs. Il est donc temps que nous tous, résidents de St-Hippolyte, prenions conscience de l’impact potentiel que peut avoir notre système sanitaire individuel sur notre environnement. Il est de la responsabilité de chacun de s’assurer du bon fonctionnement de son système sanitaire. N’attendez donc pas que votre système constitue une source de contamination pour l’environnement et un risque pour votre santé et celle de votre famille : soyez proactifs!!!!